Née à Kinshasa, au Zaïre (actuelle République démocratique du Congo, Afrique), Sarah Staub depuis l’adolescence bouscule la terre, toujours en volume, parfois sans cuisson, fascinée par ses qualités plastiques. Elle traduit cet attachement au sol et aux racines par des études en biologie puis une formation d’ingénieur en agronomie.

En 2016, elle décroche un diplôme d’études supérieures en arts horaires réduits (ESARH) à l’Académie des beaux-arts de Tournai (Belgique) et séduit le jury avec ses premiers Paysages. Actuellement en résidence de création à Taintrux (Vosges), où elle travaille la cuisson Anagama (four à flamme directe), elle a expérimenté depuis 2009 tous les champs techniques de la terre, parmi lesquels les colombins, qu’elle « tisse » plus qu’elle ne les façonne, selon des gestes lents, répétitifs, qui la conduisent dans un « état de bonheur méditatif ».

« J’ai toujours l’intime conviction que derrière le voile de la réalité se cache quelque chose d’essentiel et d’universel », confie Sarah Staub, dont l’art ne cesse de rendre hommage au pouvoir créateur de la vie.

Durant ses  dix mois en résidence auprès de l'association Terre-Plein Sarah a crée une vingtaine de pièces.

Elle a choisi de ne présenter ici que les 2 pièces qui sont pour elle les plus abouties et les plus évocatrices de sa démarche de création celles dont elle se "sentait fière".

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 Ses sculptures en céramique stimulent inlassablement l’imaginaire.

On peut y reconnaître le mouvement d’une chevelure ou les stries d’un arbre, un nid de vers de terre ou la 

superposition de concrétions calcaires.

Chacun des Paysages est monté en fins boudins d’une terre grasse et plastique, selon une impulsion qui détermine les circonvolutions de la pièce.

Puis il est écrasé jusqu’à réduire l’épaisseur de chaque filament à deux millimètres de hauteur. Un « magma » d’ondulations croissent, s’entremêlent, se propagent.

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Ces pièces sensuelles aux replis profonds et souples révèlent une texture organique dont on ne peut deviner si l’origine est animale ou végétale, humaine ou minérale. 

Voluptueuses et fertiles, les sculptures, évoquant autant le poids des racines que la légèreté des nuages, jaillissent d’une puissante pulsion de vie.

Sarah mettra 2 mois et demi pour réaliser cette pièce de 140cm de hauteur qui figure sur l'affiche de l'exposition .

Ses imposantes proportions ont fait qu'elle ne pouvait entrer d'un seul tenant dans le four anagama de l'association.

 

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Elle a donc été simplement biscuitée par les soins de Sylvain Thirouin en attendant d'être achevée selon l'inspiration créatrice de son auteur .

Il est toujours un moment difficile pour un artiste que celui de décider de l'état d'aboutissement de son œuvre, celui où il peut le livrer aux yeux du public.

Sarah, interrogée sur sa démarche artistique par le directeur du CEPAGRAP ( centre d'Étude et de promotion des Arts Graphiques et Arts Plastiques)Emmanuel Antoine, a longuement expliqué les rapports quasi amoureux qui la relient au médium terre . C'est un échange permanent entre le geste et la matière chacun en interaction directe avec l'autre en ligne directe avec l'âme du créateur,  dans une relation très sensuelle d'une résonance quasi introspective ..

La matière est encore présente entre les mains de Sarah qui racontent cette belle aventure .

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La sculptrice Sarah Staub a été nommée lauréate de la Région Hauts-de- France pour la catégorie « Création » du concours Ateliers d’art de France.

L'Association Terre-Plein est vraiment très fière d'avoir accueilli et fait connaître cette généreuse artiste qui nous a enchantés tant par son talent que la pétillance et les sourires qu'elle met dans les rapports humains.

 

Le texte en italique est emptrunté pour partie au texte de Mr Albert Lammertyn   Les « Paysages » pulsionnels de Sarah Staub

Merci à Monsieur Philippe Colignon pour ses photos toujours appréciées .